Un peu de pub, bis
Je sais, je ne fais que de la pub ces temps-ci… mais ma pièce a sa première jeudi!
Saturday, 4 of September of 2010
Je sais, je ne fais que de la pub ces temps-ci… mais ma pièce a sa première jeudi!
Dans une classe dite « de communication». Marc est un élève particulier, il aime beaucoup les enseignants, peut-être parce qu’ils sont les seuls à le traiter avec respect.
MARC: Monsieur, le connaissez-vous lui? (Il me montre une photo de René Lévesque)
MOI: Oui…
MARC: Il est dans ma famille.
MOI: Ah oui? C’est qui par rapport à toi?
MARC: Genre un cousin éloigné. Il était politicien, hein?
MOI: Oui, et avant il était journaliste.
MARC: Ça gagne cher un politicien?
MOI: Assez, oui. (il me demande un estimé; je le lui donne)
MARC: J’ai failli avoir son héritage. Je me serais acheté une XBOX, un IPOD touch, je me serais tout acheté ce que je veux!
Julie, quant à elle, se réfugie dans les livres. Je ne la vois jamais sans un livre à la main, et, bien que la plupart du temps elle exécute le travail demandé, c’est souvent par intermittence, avec des pauses-lecture. Ni Marc, ni Julie n’a vraiment d’ami, mais un monde les sépare. Marc, intellectuellement, est presque un bébé alors que Julie, malgré d’évidents problèmes scolaires et sociaux, possède une culture bien supérieure à celle de ses camarades de classe et n’est pas intéressée à se nouer d’amitié avec Marc.
JULIE: Monsieur, demain on part en classe de neige pour deux jours. il faudrait arroser les plantes sinon elles vont mourir!
MOI: D’accord, va chercher de l’eau.
Elle sort avec l’arrosoir, revient et commence à nourrir la flore luxuriante de la classe. Elle met trop d’eau, en reçoit le trop-plein sur les cheveux et les vêtements. Je lui dit d’aller chercher du papier pour se sécher, ce qu’elle fait.
Mais pendant qu’elle est partie, les autres élèves commencent à se plaindre, à se boucher le nez. Je comprends assez vite pourquoi: une répugnante odeur d’élève pas lavée depuis un temps, libérée par les molécules d’eau qui lui sont tombées dessus, a envahi l’air ambiant. Quand Julie revient, je ne sais pas si elle s’aperçoit que ce cirque la concerne; elle semble, comme d’habitude, imperméable à son environnement immédiat.
La cloche sonne, annonçant la fin de la période.
MARC, me retenant: Monsieur, pourquoi ça pique les « péricules »?
MOI: Hein?
MARC: Pourquoi ça pique les péricules? (Il me montre ses cheveux. Ils pullulent de points blancs.) Moi j’ai des péricules, et ça pique toujours…
MOI, très mal à l’aise: Euh, je sais pas… je connais pas ça!
MARC: Ah, merci.
Et je me sauve, honteux.
Un élève turbulent mais très intelligent, me croisant dans un corridor de l’école: Hey, m’sieu, maintenant que vous avez une barbe, est-ce qu’ils vous laissent entrer dans les bars?